Une érablière au cœur de la forêt boréale - Blogue de conservation - Parcs Québec - Sépaq

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Blogue de conservation

Une érablière au cœur de la forêt boréale

1 décembre 2015


L’existence d’une érablière à sucre à orme d'Amérique et frêne noir dans le parc est à l’origine de la création de la réserve écologique des Grands-Ormes. Cet écosystème forestier exceptionnel fait l’objet d’un suivi depuis plus de 10 ans. Comment se porte-t-il?

Exceptionnelle érablière

Le caractère unique de cette érablière de 0,22 km2, enclavée dans le territoire du parc, lui vient de sa localisation plutôt nordique et de la présence d’ormes plusieurs fois centenaires. Afin de suivre l’évolution à long terme de l’érablière, nous avons créé un indicateur dans le cadre du Programme de suivi de l’intégrité écologique (PSIE).

10 ans de suivi

Depuis 2005, nous recueillons des données sur la démographie et l’état de santé de l’érablière. Nous avons établi une parcelle mesurant 10 mètres par 40 mètres dans laquelle nous prenons plusieurs mesures comme le diamètre des arbres. On y dénombre également les gaules (arbres de plus de 200 cm dont le diamètre est inférieur à 10 cm) et les semis (arbres entre 16 et 200 cm dont le diamètre est inférieur à 10 cm).

Figure 1 Croquis de la parcelle suivie dans l’érablière

La surface terrière est une unité utilisée en foresterie pour estimer le volume des arbres d’un peuplement. De 2005 à 2015, la surface terrière de l’érablière est passée de 38,8 à 42,7 m2/ha. Ce résultat signifie que nous sommes en présence d’un peuplement en croissance.

D’après nos observations, les principales espèces de gaules sont l’érable à sucre et le frêne. Leur dénombrement démontre par contre une diminution, passant de 14 750 tiges/ha en 2005 à 5 750 tiges/ha en 2015. Il en est de même pour les semis qui passent de 1 800 000 à 750 000 tiges/ha. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces changements: les conditions de drainage, les insectes, les maladies, etc.

Figure 2 Mesure du diamètre à hauteur de poitrine (DHP), à 130 cm du sol.

Il sera intéressant d’observer l’évolution de ce peuplement dans les années à venir. Bien que les érables semblent en bonne santé, les ormes centenaires, eux, sont presque tous tombés au sol, certains ayant atteint un âge vénérable de près de 300 ans!

De nouveau accessible

En 2009, le sentier traversant l’érablière avait été fermé en raison d’un mauvais drainage et de son passage à l’intérieur de la réserve écologique. Afin de le rendre de nouveau accessible au public et de protéger ce milieu exceptionnel, une portion de 275 mètres a été implantée en marge de l’érablière. Il sera de nouveau possible de venir profiter de ce magnifique sentier, offrant un point de vue impressionnant sur le cran rocheux de la montagne des Érables. Sa flore printanière, sa fraicheur en été et ses couleurs d’automne vous séduiront.

Figure 3 Au cœur de l’érablière


Eve Murray est garde-parc technicienne au parc national des Hautes-Gorges-de-la Rivière-Malbaie.

Mireille Boulianne est responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national des Hautes-Gorges-de-la Rivière-Malbaie. boulianne.mireille@sepaq.com

Photos: Miriane Demers-Lemay, Eve Murray et Mireille Boulianne.


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