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Enquête sur un longicorne exotique au Québec

10 mai 2016


Le longicorne brun de l’épinette menace les forêts du Québec. Le parc national de la Yamaska a participé à une enquête de dépistage précoce de ce ravageur en 2015. Aucune trace de cet insecte envahisseur originaire d’Europe et du Japon n’a encore été détectée au Québec.

L’opération de dépistage

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a procédé durant l’été 2015 à la mise en place de pièges au sein de différents peuplements d’épinettes avec la collaboration du parc national de la Yamaska, dans le but de détecter la présence du longicorne brun de l’épinette.

Les stations d’échantillonnage étaient munies d’un piège passif appâté avec une phéromone spécifique à l’insecte, appelée « fuscumol », ainsi qu’avec 2 leurres émetteurs des odeurs d’épinettes. L’opération de détection n’a heureusement pas relevé la présence du ravageur au parc ni ailleurs au Québec.

Figure 1 Station d’échantillonnage munie d’un piège passif, Ron Neville, ACIA

Le cas du longicorne brun de l’épinette

Le longicorne brun de l’épinette, Tetropium fuscum (Fabricus, 1787), est un insecte forestier envahissant qui s’attaque aux épinettes. Ses larves affectent les arbres en consommant le phloème, ce qui compromet le transport des éléments nutritifs vers les racines. Après une à cinq années d’infestation, les arbres meurent.

Dans son habitat d’origine, de la Scandinavie à la Turquie, le longicorne brun de l’épinette est considéré comme un insecte secondaire des forêts, s’attaquant aux arbres faisant déjà l’objet de ravage par d’autres types d’insectes ou soumis à des stress environnementaux. Au Canada, les forêts mûres d’épinettes, en particulier celles fragilisées par des défoliateurs, comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette, ou par des sécheresses, peuvent devenir vulnérables en présence d’un tel envahisseur.

Figure 2 Le Longicorne brun de l’épinette : A) stade larvaire mesurant de 15 à 25 mm, Stephanie Sopow, Ressources naturelles Canada, Bugwood.org B) stade adulte mesurant de 8 à 17 mm, Georgette Smith, Ressources naturelles Canada, Bugwood.org.

Une introduction récente

Ce petit coléoptère de la famille des Cérambycidés a été découvert à Halifax, en Nouvelle-Écosse, en 1999. Il aurait été vraisemblablement introduit par l’entremise de matériaux d’emballage en bois transportés à bord de porte-conteneurs. Depuis 2000, le transport de produits de l’épinette à partir de la région infestée est réglementé. L’objectif : limiter la propagation artificielle par les activités humaines.

Malgré tout, en 2011, l’ACIA confirmait la présence du longicorne brun de l’épinette à proximité d’un terrain de camping dans le parc national Kouchibouguac au Nouveau-Brunswick. Il s’agissait du 1er cas dépisté à l’extérieur de la Nouvelle-Écosse.

Aucun spécimen n’a été détecté au Nouveau-Brunswick en 2012 et 2013. En 2014, grâce à la collaboration de Parcs Canada et de Ressources naturelles Canada, l’ACIA a poursuivi le piégeage intensif dans le parc national Kouchibouguac afin d’évaluer plus précisément le niveau d’infestation. Un nouveau spécimen a été détecté dans le parc, à environ 2 km de la détection de 2011. Un deuxième spécimen a également été capturé à Memramcook, dans le Comté de Westmorland. À l’automne 2014, quelques arbres à risque ont été retirés du parc national à des fins d’analyse. Les billots ont été mis dans des cages d’élevage afin de permettre de récolter tout insecte susceptible de s’y cacher. Aucun spécimen du longicorne brun de l’épinette n’a émergé de ces billots. En avril 2015, toute la province de la Nouvelle-Écosse a été réglementée pour le longicorne brun de l’épinette et les efforts de détection ont continué à l’extérieur de cette province. Un nouveau site a été trouvé positif en 2015 à Memramcook, dans une zone située à 300 m du site positif de 2014. Des mesures de gestion du ravageur sont à l’étude pour la région de Memramcook en 2016.

Figure 3 Le longicorne brun de l’épinette émerge de l’arbre après avoir grugé l’écorce d’un trou ovale de 4 à 6 mm de diamètre, Ron Neville, ACIA.

Figure 4 L’écoulement excessif de résine le long du tronc est l’un des symptômes d’un arbre infesté, Ron Neville, ACIA.

Propagation par le transport du bois de chauffage

Une distance de 165 km sépare la première découverte au Nouveau-Brunswick du site initial en Nouvelle-Écosse. Le transport de bois de chauffage pourrait expliquer ce « bond » géographique du longicorne brun de l’épinette.

Dans le but de réduire la propagation de ravageurs envahissants comme le longicorne brun de l’épinette, l’ACIA a lancé depuis quelques années une campagne nationale de sensibilisation appelée « Ne déplacez pas de bois de chauffage ». Sur cette même lancée, la Sépaq, avec toute son offre de séjours en forêt, diffuse une mise en garde auprès de sa clientèle l’invitant à proscrire le transport du bois de chauffage.

Le message est donné… Nous avons tous un rôle à jouer pour assurer la conservation des parcs et protéger les forêts au pays.

Figure 5 Affiche promotionnelle de l’Agence canadienne d’inspection des aliments visant à sensibiliser la population à ne pas déplacer le bois de chauffage.

Référence

Conseil canadien des ministres des forêts. 2013. Analyse du risque phytosanitaire : évaluation de la menace que pose le longicorne brun de l’épinette pour les forêts de la Nouvelle-Écosse. Ressources naturelles Canada, Numéro de cat. : Fo4-50/2014F-PDF, 92 p.


Lucie A. Gagné est biologiste des enquêtes phytosanitaires au Québec pour l’Agence canadienne d’inspection des aliments

Alain Mochon est responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national de la Yamaska. mochon.alain@sepaq.com

Photos du carrousel: Georgette Smith, Ressources naturelles Canada, Bugwood.org; Stephanie Sopow, Ressources naturelles Canada, Bugwood.org et Mathieu Dupuis, parc national de la Yamaska, Sépaq.


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