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Savez-vous mouler vos fossiles à la mode de chez nous?

13 octobre 2015


Au centre de recherche du parc national de Miguasha, le technicien préparateur se doit de maîtriser la fabrication de moulages, un art qui demande doigté, connaissances techniques et sens artistique. Sont visés par cette méthode les spécimens les plus importants, les plus beaux ou les plus rares de la collection.

Des usages scientifiques…

Les moulages sont de précieuses répliques de fossiles habituellement faits de divers types de plâtres ou de résines synthétiques qui, une fois durcis, sont recouverts de peinture. En utilisant les méthodes et les matériaux appropriés, il est possible pour le préparateur de créer des œuvres qui ressemblent à s’y méprendre aux originaux.

Figure 1 Préparation d’un moulage

Les moulages ainsi produits sont utiles dans une foule de contextes paléontologiques. D’abord, les moulages peuvent être utilisés dans le cadre de prêts ou de dons entre institutions, lorsqu’il n’est pas envisageable de céder un spécimen original de grande valeur scientifique. C’est le cas du très beau moulage d’Eusthenopteron foordi de l’exposition permanente du parc, dont l’original, trouvé à Miguasha avant la protection de la falaise et la création du parc, est conservé aux États-Unis, au Cleveland Museum Of Natural History. Dans ce cas précis, le parc a pu mettre la main sur une réplique fidèle, à défaut de pouvoir récupérer l’original. Les moulages peuvent parfois être utilisés aux fins de recherche, lorsque l’observation du spécimen original n’est pas requise. Dans ces cas, l’utilisation de moulages permet d’éviter le transport, la manipulation et, donc, le bris de véritables fossiles.

Figure 2 Le moulage exposé au parc national de Miguasha d’un célèbre spécimen d’Eusthenopteron conservé au Cleveland Museum of Natural History

Les moulages permettent également de conserver une archive matérielle de spécimens étudiés par des méthodes destructives. C’est le cas du célèbre P-222, un spécimen complet d’Eusthenopteron foordi préservé en 3D vendu par un collectionneur local à des paléontologues suédois en 1925. Ce spécimen d’exception fut étudié sous toutes ses coutures par l’équipe suédoise qui utilisa notamment la technique des coupes sériées pour polir progressivement le crâne afin d’y révéler les structures internes. Au terme de la recherche, le crâne n’existait plus, ayant été complètement détruit par abrasion. Les seuls témoins de la beauté du spécimen original sont les moulages créés avant sa destruction. Une copie du moulage du P-222 se trouve d’ailleurs dans l’exposition permanente du musée du parc.

…et éducatifs

Les moulages servent également pour les besoins d’éducation. Ainsi, ce sont normalement des moulages qui sont utilisés dans les prêts scolaires. Ces répliques peuvent ainsi être manipulées à volonté par les élèves dans le cadre d’activités de classe portant sur l’histoire de la Terre et de la vie.

À l’été 2015, le parc national de Miguasha a mis en place un carré de sable conçu pour les paléontologues en herbe qui peuvent partir à la recherche de trésors enfouis. Comme il n’était pas possible, pour d’évidentes raisons de conservation, d’utiliser de véritables spécimens fossiles complets, des plaques moulées ont été installées au fond du carré de sable. Au fil de leur jeu d’excavation, les enfants peuvent donc mettre à jour une foule de moulages variés de poissons de Miguasha et s’amuser à apprendre à les identifier.

Finalement, la boutique du parc étale également de beaux moulages d’espèces de Miguasha pour les collectionneurs qui veulent rapporter un peu de Miguasha à la maison. Les moulages sont aussi faits pour ça!

Figure 3 Un gros spécimen du placoderme Bothriolepis canadensis (à gauche) et son moulage (à droite)


Olivier Matton est responsable du service de la conservation et de l’éducation au parc national de Miguasha. matton.olivier@sepaq.com

Photos: Johanne Kerr, Olivier Matton et Oeil pour oeil.


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